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Block Magazine

La créativité a sa place
Printemps/Été 2021
Numéro 22

Un écobureau

L’agence d’architecture Perkins&Will a bâti un espace de travail à son image : vivant, verdoyant et unique en son genre.

PAR: Erika Thorkelson
PHOTOS PAR: Kim Muise
OFFERTES PAR: Perkins&will

 

Verdure et projets animent l’agence Perkins&Will, située au 1 220, rue Homer à Vancouver. Le canoë, suspendu dans le vaste atrium vitré, symbolise l’équilibre entre la forme, la fonction et le contexte : un idéal architectural.

On ne sait jamais quelle sera la source de notre inspiration. Pour Peter Busby, architecte chez Perkins&Will, elle a pris la forme d’un canoë, perché sur le toit d’une auto stationnée devant son bureau dans le quartier vancouvérois de Yaletown par un bel après-midi d’été. Susan Gushe, son associée à l’époque devenue aujourd’hui directrice générale de l’agence, se souvient de son enthousiasme : cette embarcation sans prétention représentait, de par l’harmonie de sa structure, « l’essence même de notre métier ».

Elle revoit Peter Busby courir à la comptabilité pour demander un chèque afin d’acheter le canoë sur-le-champ, puis le porter jusque dans le hall d’entrée tel un talisman. Aujourd’hui, il trône au milieu du splendide atrium, qui dessert quatre étages de bureaux et salles de conférence, et inspire tous les employés de cette entreprise aux réalisations maintes fois récompensées.

Comme bon nombre de ses voisins, le 1220, rue Homer a commencé sa carrière en tant que bâtiment industriel. Son histoire estincertaine – Susan Gushe a entendu dire qu’on y aurait fabriqué soit des bonbons, soit des attaches – mais son attrait a été sans conteste sa solide charpente. Quand le squelette est en bon état, « nul besoin de démolir la maison », explique-t-elle. L’équipe d’architectes a donc mis sa créativité à l’oeuvre pour en exploiter toutes les possibilités et l’aménager selon ses exigences.

Les travaux de rénovation ont duré deux ans, de 1998 à 2000. Mis à part le canoë et quelques meubles, tout le reste est conçu maison, jusqu’aux pièces métalliques qui maintiennent les balustrades de verre autour de l’atrium. Cette cour intérieure est d’ailleurs à l’image des pratiques de l’agence en matière d’écoconstruction. Son système de ventilation, qui aspire l’air, sa verrière, qui réchauffe en hiver et s’ouvre en été, son sol en béton sablé, qui emmagasine naturellement la chaleur, tous permettent de réduire au minimum l’énergie utilisée pour chauffer, refroidir ou aérer l’espace.

 

Cela fait 13 ans que l’agence vancouvéroise fait partie des employeurs les plus écologiques du Canada.
« La plus petite des grandes agences », c’est comme cela que se qualifie Perkins&Will, qui compte 25 cabinets, chacun ayant sa culture d’entreprise.

« On a toujours voulu de la verdure dans le bâtiment parce qu’on sait que cela a un effet très positif […] sur l’humeur des personnes qui s’y trouvent. »

Avant la pandémie, plus de 110 personnes travaillaient à l’agence. Les points de rencontre, comme la terrasse sur le toit et la cuisine (avec son mur d’expo photo), permettent aux différentes équipes de tisser des liens.

Son point de mire? Une murale végétale, imaginée et entretenue par Green Over Grey, une entreprise locale. « On a toujours voulu de la verdure dans le bâtiment parce qu’on sait que cela a un effet très positif, tant sur la qualité de l’air qu’on respire que sur l’humeur des personnes qui s’y trouvent », note la directrice.

Ce rectangle vertical, de 11 m de long et 2,50 m de large, accueille plus de 1 000 plantes, appartenant à 45 espèces. En cette saison, elles offrent leurs plus belles fleurs et même un ananas à l’occasion, pour le plus grand plaisir des yeux et des papilles. Pour en prendre soin, il suffit d’une corde, attachée à une poutre d’acier près de la verrière, et d’un baudrier : une fois par mois, les jardiniers descendent en rappel, sécateur à la main.

Pandémie oblige, le télétravail est en ce moment de rigueur : 20 à 35 personnes seulement fréquentent les bureaux sur les 110 habituelles. Pour Susan Gushe, l’ambiance est vraiment différente qu’à pleine capacité. « Voir les projets prendre vie sous mes yeux me manque », confie-t-elle. Mais elle est optimiste : le canoë déniché par Peter Busby voilà des années continuera d’inspirer les architectes jusqu’à ce qu’ils soient à nouveau réunis.

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