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Block Magazine

La créativité a sa place
Printemps/Été 2021
Numéro 22

Jeudi 23 janv. 14h50

Montréal, quelques heures avant la toute première soirée d’ouverture de Bradley Ertaskiran.

PAR: Eve Thomas

PHOTOS PAR: Richmond lam

Les cofondateurs de la galerie Bradley Ertaskiran font face à des problèmes techniques de dernière minute. Megan Bradley surveille le grand écran plat au milieu de la pièce immaculée pendant qu’Antoine Ertaskiran vérifie son ordinateur. La récalcitrante? Disasters Under the Sun, une vidéo de Jon Rafman, artiste montréalais connu pour son travail sur les mondes virtuels que sont Google Street View et Second Life. Derrière l’écran, un triptyque géométrique signé Jessica Eaton, photographe canadienne et boursière Guggenheim, attend sagement accroché au mur. Au total, ce sont huit artistes qui sont réunis dans Cause à effet, la première exposition collective de la galerie.


Plus que deux heures avant le vernissage et aucun signe de stress de la part des galeristes. Tous deux sont habitués aux délais serrés : il y a quelques semaines à peine, ils fermaient leur galerie respective et Antoine s’installait dans celle de Megan, un espace beaucoup plus grand, et fraîchement rénové, dans le quartier de Saint-Henri.

 

“Avant d’unir ses forces pour créer ce lieu destiné à l’art contemporain, le duo fréquentait les mêmes cercles.”

Le 24 janvier 2020, Antoine Ertaskiran et Megan Bradley ont présenté leur première exposition collective, Cause à effet : « les oeuvres de huit artistes entament un dialogue sur les notions de changement et d’action. »
Dans le bunker, les galeristes discutent avec la rédactrice Eve Thomas. Derrière eux, les oeuvres de Nicolas Grenier.
 

« Je mourrais d’envie de recouvrir ces piliers de bois », explique Megan en montrant un poteau tout peint de blanc. À part des bouches de ventilation gargantuesques et un plafond lambrissé, témoins du passé de buanderie industrielle de l’endroit, tout le reste a été revu et corrigé pour former un « cube blanc », selon ses propres mots, dans lequel les oeuvres d’art peuvent s’exprimer. Le duo travaille vite et bien ensemble. Avant d’unir ses forces pour créer ce lieu destiné à l’art contemporain, il fréquentait les mêmes cercles en tant que collègues, amis et concurrents parfois.

« Je me rendais à une foire internationale et m’apercevais qu’il avait déjà mis la main sur l’artiste que j’avais repéré », lance Megan.

« De même », avoue Antoine en riant. Et de constater que les deux quartiers, Saint-Henri et Griffintown (celui de sa précédente galerie), connaissent un renouveau culturel palpable depuis une dizaine d’années. Les usines et entrepôts alentour ont laissé place à des condos chics, des entreprises technos et quelques-uns des meilleurs restaurants du pays, dont Joe Beef et Nora Gray.

Tout n’est pas flambant neuf pourtant chez Bradley Ertaskiran. Au pied de l’escalier, les visiteurs se voient obligés de courber l’échine pour entrer dans un espace aveugle, appelé le bunker, et découvrir l’exposition solo Positions. Ici, le bleu et le rouge des peintures grand format et des panneaux sur mesure du Montréalais Nicolas Grenier se détachent sur les murs de ciment brut. Les galeristes ont proposé le rez-de-chaussée à l’artiste, mais il lui a préféré le sous-sol, plus expérimental, décalé, voire un peu risqué. Une envie que Megan et Antoine comprennent parfaitement.

Visitez la galerie en ligne à bradleyertaskiran.com

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